Drôles de mythes pas si bêtes

Drôles de mythes pas si bêtes

Par Pascal Paillardet

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La cryptozoologie part sur les traces d’animaux fabuleux pas toujours imaginaires.

Une quête retracée dans l’ouvrage de Benoît Grison, Du yéti au calmar géant .

Benoît Grison traque les bêtes ignorées. Biologiste, sociologue des sciences, ce Sherlock Holmes enquête au sein d’une faune mystérieuse.

Entre imaginaire et réalité zoologique, savoirs populaires et connaissances scientifiques, il piste le serpent de mer et le poulpe géant dans les abysses, le dragon volant dans les cieux…

C’est là le territoire de la cryptozoologie, une discipline fondée au siècle dernier par le zoologiste franco-belge Bernard Heuvelmans.

«La cryptozoologie est la science des animaux cachés, dont l’existence n’est pas définitivement prouvée », explique avec passion Benoît Grison, qui publie en cette fin d’année un ouvrage monumental, Du yéti au calmar géant. Le bestiaire énigmatique de la cryptozoologie.

Le champ d’investigation est propice à tous les espoirs. « Il reste au moins dix millions d’espèces à découvrir ! Ce sont surtout des coléoptères et des fourmis. Ces 30 dernières années, on a découvert une vingtaine de primates, singes ou lémuriens. »

Dans cette quête, il y a de grandes satisfactions quand le mythe prend chair.

Avant sa découverte en 1797, l’ornithorynque parut longtemps être une chimère pour les naturalistes !

« En 1853, rappelle aussi Benoît Grison, l’échouage d’un calmar géant sur la côte du Jutland, au Danemark, a permis de découvrir un nouveau genre de céphalopode, Architeuthis, le « calmar chef ». Entre la Renaissance et la fin du XVIIIe siècle, des témoignages de marins s’étaient succédé pour signaler un animal tentaculaire des mers septentrionales, qui évoquait le kraken, un monstre marin de Scandinavie. »

La réalité a parfois le mauvais goût de ne pas s’accorder à la légende, qui s’effondre comme un souverain déchu.

Il est établi, hélas, que les ressources alimentaires du lac du Loch Ness (sic!), en Écosse, ne suffiraient guère à nourrir une orque mâle !

Comment pourraient-elles alors subvenir à l’appétit du monstre du Loch Ness ? De 1933 à nos jours, pourtant, plus de 1000 observations circonstanciées ont été enregistrées.

La silhouette du « serpent de mer » monumental, entraperçue par certains privilégiés au fil de l’onde, pourrait n’être engendrée que par des jeux de lumière, des vagues subaquatiques, quelques phoques égarés ou un jeune cerf nageant dans l’eau.

Certaines espèces n’existeraient que dans l’écosystème de notre imaginaire.

Comme ce « ver à pattes », ou Tatzelwurm en allemand dialectal, un reptile qui aurait ondulé au XIXe siècle dans les Alpes suisses.

«Dans ce cas précis, les témoignages locaux étaient sincères, mais ce fameux Tatzelwurm est une créature composite, qui amalgame différents amphibiens alpins et reptiles répertoriés par la science ! Certains animaux sont inconnus des observateurs, mais pas des scientifiques », explique Benoît Grison.

Est-ce le cas du célèbre yéti, l’« homme des neiges » du Népal ?

Le biologiste nous rassure.

« Il est tout à fait concevable, note-t-il, qu’un grand singe inconnu de la famille des hominidés ait vécu jusqu’à récemment, ou vive encore, dans des vallées de haute altitude de la région orientale. »

Est-ce là l’essentiel ?

« Même si au bout du compte un animal n’existe pas, il en dit beaucoup sur nos rapports à l’imaginaire, sur notre relation à la nature. Nous avons parfois besoin, psychologiquement ou culturellement, de croire en des créatures énigmatiques », dit le chercheur, persuadé que les progrès des sciences et technologies (biologie moléculaire, minicaméras à infrarouge, etc.) mèneront à des progrès.

Lui-même, à l’écoute des plus récentes recherches et découvertes, s’avoue fasciné par l’orang pendek (« petit homme » en malais), un primate de taille moyenne qui ne serait ni un gibbon ni un orang-outan, signalé à Sumatra, en Indonésie.

Il avoue aussi avoir un faible pour une créature plus modeste, une loutre géante qui vivrait dans l’archipel des Bijagos, en Guinée-Bissau. « Il pourrait s’agir d’une loutre inconnue. Ce serait une très belle découverte, mais elle serait moins spectaculaire que celle du yéti ! »

Poulpes et calmars naufrageurs

Le mythe du poulpe naufrageur a nourri d’innombrables récits.

Les céphalopodes géants, surgis des abîmes pour engloutir les navires, ont inspiré les écrivains, de Jules Verne à H. G. Wells. Même Arthur Conan Doyle, dans l’ouvrage le Gouffre Maracot, paru en 1928, a décrit un calmar gigantesque, doté d’un bec !

Du régalec au serpent de mer !

Le long « poisson-ruban », pouvant atteindre 8 m et peser 300 kg, le régalec (Regalecus glesne) a été surnommé le « roi des harengs » par les pêcheurs nordiques.

Nageant dans toutes les eaux du monde, remontant la nuit à la surface, il a contribué à la naissance du mythe du « serpent de mer ».

L’homme de Flores

Une reconstitution de l’homme de Flores (Homo floresiensis) a été exhumé par des chercheurs indonésiens et australiens en septembre 2003 sur l’île du même nom, en Indonésie.

La découverte dans une grotte de ce primate fossile, daté de 50.000 ans et mesurant 1 mètre, a suscité débats et fascination.

(Pour retrouver l’article original : La Vie )

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