Qu’est-ce que la cryptozoologie : Les Précurseurs

Qu’est-ce que la cryptozoologie : Les Précurseurs

Sur cette page, régulièrement complétée et étoffée, vous trouverez ceux qui firent oeuvre de cryptozoologie bien avant l’invention du terme-même. 

Erik Pontoppidan

Erik Ludvigsen PONTOPPIDAN est né le 24 août 1698 au Danemark, à Århus (aujourd’hui orthographiée Aarus), et est décédé le 20 décembre 1764 à Bergen, en Norvège.

Il étudie la théologie à l’université de Copenhague. Sa fonction de tuteur auprès de plusieurs nobles, y compris du roi, lui permet de parcourir l’Europe.

En 1738, il se voit attribuer un poste d’enseignant en théologie à Copenhague et quelques années plus tard, en 1745, il devient évêque de Bergen, en Norvège.

Si la part la plus importante de son œuvre concerne la théologie, il publie cependant  de nombreux travaux de zoologie. ce qui lui permet de devenir l’ami de Morten Thrane Brünnich (1737-1827), considéré comme le fondateur de la zoologie danoise.

C’est dans sa monumentale Histoire naturelle de Norvège (Norges naturlige Historie) en 2 tomes, publiée en 1751 et 1753, qu’il consacre tout un chapitre aux monstres marins des mers septentrionales, à savoir la Sirène, le Kraken et le Grand-Serpent-de-mer.

Sur ces créatures mythiques il mènera une enquête approfondie auprès de ses ouailles dont de nombreux exerçait le métier de marin. Mgr Pontoppidan recueillit ainsi des dizaines de témoignages tout-à-fait circonstanciés sur leur existence. Il en déduisit les premières hypothèses quant à leurs natures zoologiques. A ce titre on peut lui attribuer le titre de précurseur de la Cryptozoologie.

Pierre Denys (de) Montfort

histoire naturelle des mollusques deny de MontfortPierre Denys (de) Montfort est un naturaliste français, né à Dunkerque le 17 juin 1766 et mort à Paris en 1820.

Dans son Histoire naturelle générale et particulière des mollusques, vaste encyclopédie des mollusques publiée en 1802, il décrit 2 types de Kraken-poulpes, le premier est vraisemblablement le calmar géant qui ne sera reconnu quelques   sa mort, quant au second il reste à déterminer mais il semble être le poulpe colossal dont l’existence est encore aujourd’hui plus qu’hypothétique.

Par ailleurs il s’intéressera aussi au Grand-serpent-de-mer.

Ces études lui valurent de devenir la risée de ses pairs et son excommunication de la communauté scientifique.

Il terminera sa vie dans la misère totale et alcoolique. On retrouva son cadavre dans un fossé. Il avait 56 ans.

Constantin Samuel Rafinesque

Constantin Samuel Rafinesque était ce que l’on appellerait aujourd’hui un surdoué ou un haut-potentiel.

Il naquit le 22 octobre 1783 à Galata, une banlieue de Constantinople et mourut le 18 septembre 1840 à Philadelphie, aux Etats-Unis.

On sait qu’il passa sa jeunesse à Marseille et que malgré de fortes carences éducatives son attirance pour les sciences naturelles fit qu’ il avait étudié le latin et s’était déjà constitué un herbier à l’âge de 12 ans à peine.

Très tôt il voyage et, ainsi, de 9 ans à 12 ans il vécut aux Etats-Unis avant de s’installer à Palerme, en Sicile.

Mais en 1815, sa femme l’abandonne pour un artiste et son fils, Linné, meurt. Il décide alors de retourner aux Etats-Unis et de s’y établir. Malheureusement il perdra, sur les récifs de Long Island, dans le naufrage du bateau qui l’y amenait son immense bibliothèque et ses collections (dont 60.000 coquillages !) ainsi que les notes de vingt années d’études et d’observations : une véritable catastrophe ! Lui, s’en sortira en nageant jusqu’au rivage.

En 1818, alors qu’il a 35 ans seulement il a déjà nommé 250 nouvelles espèces animales et végétales.

Aux Etats-Unis, il enseigne la botanique à l’université de Lexington mais, polyglotte accomplis, aussi le français et l’italien. Cependant il continue à décrire de nouvelles espèces animales dont le chien de prairie (Cynomys ludovicianus), la souris à pattes blanches (Peromyscus leucopus), le cerf mulet ou cerf à queue noire (Odocoileus hemionus), y compris une nouvelle s de chauve-souris dans la propre maison d’un de ses compatriotes, le célèbre peintre et illustrateur naturaliste franco-américain Jean-Jacques Audubon.

On évalue le total de la contribution de Rafinesque aux sciences naturelles à plus de 6 700 taxons nouveaux.

Mais ses points de vue allant parfois à l’encontre des pensées de son temps (il va développer sa théorie de l’évolution bien avant Darwin), dans une moindre mesure son intérêt pour des sujets comme le Grand-Serpent-de-mer et très certainement une certaine jalousie des scientifiques, le feront mettre, lui aussi, au ban de la communauté scientifique de son époque.

Concernant le Grand Serpent-de-mer, en 1817 il fit paraître dans l’ American Monthly Magazine une description de la bête de Gloucester, un « serpent-de-mer » qui avait défrayé la chronique cet été-là dans cette rade du Massachusetts, et pour laquelle il proposait le nom générique de Megophias, c’est-à-dire « Grand Serpent ».

Dans une grande misère matérielle, il mourra d’un cancer du foie et de l’estomac à l’âge de 56 ans à la table de travail de l’infâme taudis qu’il occupait à Philadelphie, étrange parallélisme avec son contemporain Pierre Denys de Montfort.

Ses collections seront malheureusement dispersées ou, pire !, détruites.

Sir Harry Johnston

Sir Henry « Harry » Hamilton Johnston est né le 12 juin 1858 à Kennington, quartier du sud de Londres, et est mort le 31 août 1927 à Worksop, dans le Nottinghamshire, deux ans après les deux attaques vasculaires cérébrales qui le laissèrent partiellement paralysé.

Il fut explorateur, militaire, botaniste, peintre, écrivain et administrateur colonial britannique.

Il est l’un des principaux acteurs de la « course à l’Afrique » de la fin du XIXe siècle.

En zoologie, il fut le principal acteur de la découverte de l’OKapi (Okapia Johnstoni) dont le déroulement fut classiquement cryptozoologique, avant la lettre : un faible indice, une enquête auprès de témoins, la récolte de preuves matérielles, et enfin la capture d’un spécimen (ce dernier point ne sera accompli que plusieurs années après la reconnaissance scientifique de l’animal)

 Carl  Hagenbeck

Carl Gottfried Heinrich Hagenbeck naquit le 10 juin 1844 à Hambourg, en Allemagne. Il y mourut le 14 avril 1913.

Il est le premier à organiser à l’échelle mondiale le commerce des animaux sauvages pour l’approvisionnement des ménageries, des cirques et des jardins zoologiques, car à cette époque l’élevage de la plupart des espèces exotiques en captivité en était à son balbutiements.

Il créa par ailleurs le Circus Hagenbeck, un cirque où il inventera en 1879, avec son frère Wilhelm (1850-1910), la méthode de dressage en douceur. Il se montre en cela un novateur et un précurseur.

Il inventera encore la grande cage centrale en 1889.

Par ailleurs, il fonde en mai 1907, le premier « zoo sans barreaux » à Stellingen, près de Hambourg, conception tout à fait moderne qui sera de plus en plus appliquée par la suite par les gros zoos mondiaux.

Lors de ses séjours en Afrique en tant que capteur d’animaux, il s’intéressera aux rumeurs concernant la survivance de dinosaures ainsi que d’autres animaux inconnus.

Antoon C. Oudemans

Antoon Cornelis Oudemans naquit à Batavia, aux Pays-Bas, en 1858-1943).

En 1885 il devint directeur  du jardin zoologique royal de La Haye, aujourd’hui disparu.

On lui doit la découverte de plusieurs insectes ainsi que d’un singe, Mangabey à Crête Noire.

En 1892 il publie le premier ouvrage véritablement cryptozoologique The Great Sea Serpent dans lequel il étudie tous les témoignages qui lui sont disponibles, en écartant les canulars et méprises pour ne retenir que ceux qu’il estime valides.

Il en vient à la conclusion que le Grand Serpent de Mer est un mammifère encore inconnu, un pinnipède à long cou et longue queue, qu’il baptisera Megophias megophias.

De son côté, Bernard Heuvelmans reconnut qu’il s’était beaucoup inspiré de l’ouvrage d’Oudemans pour écrire, en 1965, son livre « Le Grand-Serpent-de-Mer, l’énigme zoologique et sa solution ».

En 1917, Oudemans publie une étude sur le Dodo (ou Dronte) de l’île Maurice.

Dans les années 1930, Antoon Cornelis Oudemans s’intéressa à son tour à Nessie, le « monstre » du Loch Ness, dans lequel il vit une déclinaison lacustre de son Megophias.

Il mourut à Arnhem en 1943.