Des scientifiques découvrent 20 nouvelles espèces dans des récifs coralliens profonds jusqu’ici inexplorés

Ce rhinophore aux couleurs inattendues fait partie des espèces récemment révélées. © Académie des sciences de Californie
Vingt nouvelles espèces récifales, aussi étranges que fascinantes, viennent d’être mises au jour dans les profondeurs de l’océan Pacifique, au large de Guam. Cette découverte inattendue n’est pas le fruit d’une plongée exceptionnelle, mais d’un dispositif discret, laissé plusieurs années sous l’eau, qui pourrait encore réserver bien des surprises.
Les récifs coralliens profonds de Guam (une île des États-Unis en mer des Philippines) se développent à plus de 100 mètres de profondeur, dans la zone dite mésophotique, aussi appelée « zone crépusculaire ».
À ces niveaux, la lumière se fait rare et les contraintes physiologiques limitent fortement le temps d’exploration humaine. Les scientifiques ne disposent que de 15 à 25 minutes sur place, en raison des longues phases de décompression nécessaires pour remonter à la surface. Cette contrainte rend l’étude directe de ces écosystèmes particulièrement complexe.Ces structures discrètes ont attiré bien plus que ce que les chercheurs imaginaient. © Luiz Rocha, Académie des sciences de Californie
Des « hôtels sous-marins » pour attirer la vie
Pour contourner cet obstacle, les chercheurs de l’Académie des Sciences de Californie ont recouru aux structures autonomes de surveillance des récifs, ou ARMS. Ces dispositifs, constitués d’empilements de plaques de PVC aux multiples cavités, imitent des récifs artificiels dans lesquels de nombreux organismes viennent s’installer. Déployés en 2018 dans les récifs profonds de Guam, 13 de ces « hôtels sous-marins » ont été récupérés en novembre 2025.
Dans leur communiqué, les scientifiques de l’Académie des Sciences de Californie annoncent que leur analyse a livré un véritable trésor biologique : près de 2 000 spécimens, dont une centaine d’espèces jamais recensées dans la région et 20 entièrement nouvelles pour la science. Parmi elles figurent un poisson rose et jaune rappelant un bonbon gélifié, des rhinophores semblables à des sucres d’orge, un crabe aux allures d’un plat de spaghettis ou encore plusieurs nudibranches aux formes étonnantes. Les analyses ADN étant encore en cours, d’autres espèces inédites pourraient s’y ajouter.
Biodiversité et signaux du réchauffement
Les ARMS n’ont pas seulement révélé une biodiversité insoupçonnée. Ils ont aussi enregistré trois années de données de température dans la zone crépusculaire supérieure. Ces mesures montrent une tendance claire et constante au réchauffement en profondeur.
Les chercheurs espèrent que ces données, combinées à l’inventaire biologique, renforceront les efforts de conservation. Car plus de la moitié des espèces des récifs profonds restent inconnues, alors même que ces milieux subissent déjà les effets de la pêche, de la pollution et du changement climatique. Encore largement absents des aires marines protégées, ces écosystèmes pourraient disparaître avant même d’avoir livré tous leurs secrets.
Une inquiétante «araignée coccinelle» découverte dans une forêt de chênes par des scientifiques hongrois
Une équipe d’entomologistes a révélé avoir découvert une nouvelle espèce d’araignée dans une forêt située au Maroc. L’arthropode, rouge à points noirs, a une apparence qui n’est pas sans rappeler la coccinelle.
Une équipe de neuf chercheurs hongrois en entomologie, dont la plupart travaillent au sein de l’Université de médecine vétérinaire de Budapest, a fait une drôle de découverte lors d’une expédition au Maroc. Alors qu’ils progressaient dans une forêt naturelle de chênes-lièges, ils sont tombés sur une «araignée coccinelle» (Eresus).
De nombreuses araignées du genre Eresus ont déjà été découvertes depuis le XIXe siècle. En 2025, plusieurs espèces ont été décrites par une équipe composée des chercheurs Zamani, Szabó et Szűts. Mais celle qui a été observée au Maroc est une toute nouvelle espèce, encore inconnue et désormais baptisée Eresus rubrocephalus (du latin ruber, rouge et du grec kephale, tête).

