Quoi de neuf sur la Planète Crypto : nouveau singe, nouvel oiseau, sept cent quarante-deux

Une nouvelle espèce de singe découverte dans les forêts de la RDC, avec des lèvres orange et quatre doigts

Deux représentants de l'espèce de singe Colobus Congoensis photographiés dans les forêts de la RDC.

Deux représentants de l’espèce de singe Colobus Congoensis photographiés dans les forêts de la RDC. Daniel Rosengren www.danielrosengren.se

Les chercheurs de l’université atlantique de Floride ont baptisé ce primate Colobus Congoensis : ce petit singe, reconnaissable à ses lèvres orange, s’était jusqu’ici fait très discret dans les forêts luxuriantes du parc national de la Lomami, dans le centre-est de la République démocratique du Congo (RDC). Les scientifiques l’ont déjà inscrit sur une liste d’espèces menacées.

Il porte des lèvres orange, une face noire et quatre doigts seulement par main. Les chercheurs de la Florida Atlantic University sont formels : ce petit singe est bien le représentant d’une nouvelle espèce inconnue jusqu’alors. Il avait été aperçu pour la première fois en 2008 dans les denses forêts du parc national de la Lomami, dans le centre-est de la République démocratique du Congo (RDC).

Dix-huit ans ont passé entre cette première rencontre et la confirmation, en juillet 2026, par une équipe de chercheurs internationaux que le génome du Colobus Congoensis ne correspondait à aucune autre espèce connue.

La trouvaille est de taille : c’est seulement la cinquième nouvelle espèce de singe découverte en 75 ans. L’étude a été publiée dans la revue scientifique Plos One en juillet 2026.

Deux rencontres en dix ans

La première trace de ce mystérieux animal est une photographie floue prise en 2008 par un chercheur. On y distingue un primate aux caractéristiques inconnues. « Mais l’image n’était pas assez précise pour affirmer qu’il s’agissait d’une espèce qu’on ne connaissait pas », explique à RFI Junior Amboko, doctorant en anthropologie à la Florida Atlantic University et co-auteur de l’étude.

Quand l’animal est aperçu une seconde fois, dix ans plus tard, Junior Amboko, attaché au parc de la Lomami, était présent : « Sur les photos que me ramènent mes collègues, je vois un singe très noir, avec des lèvres orange. Je n’avais jamais vu ça dans aucun de mes livres. »

Le scientifique congolais renvoie les équipes sur le terrain prendre d’autres photos : « Les résultats étaient encore plus surprenants, car on s’est aperçu qu’ils n’avaient que quatre doigts contre cinq pour les autres espèc

Des lointains cousins ailleurs en Afrique centrale

Junior décide alors de candidater à une bourse de la National Geographic Society en 2020. Avec ces financements américains, les équipes du parc sont formées, sur le terrain, à l’observation des animaux et à la collecte d’échantillons, qui seront envoyés un an plus tard aux États-Unis pour être analysés.

L’analyse de leur comportement, de leur morphologie et de leur génome a apporté la preuve qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce. « Celle qui lui ressemble le plus vit à 1 200 kilomètres de là, au Gabon et en Guinée équatoriale, précise Junior Amboko. Au niveau génétique, on a pu déterminer que les deux espèces s’étaient séparées il y a plus de quatre millions d’années ».

Mais à peine découvert, le primate est déjà menacé, alerte Junior Amboko : « Pour qu’une espèce ait de bonnes chances de survivre, elle doit avoir une grande zone de distribution. Le Colobus Congoensis vit sur une toute petite partie du parc de la Lomami, de 1 700 km2. Ce n’est absolument rien ! Un petit changement dans cette zone et l’espèce peut disparaitre ! »

Le parc de la Lomami est une zone protégée. Mais le gouvernement doit renforcer les patrouilles, insiste Junior Amboko, des braconniers ayant déjà été aperçus dans la région.

(D’après Rfi.fr)

Le WWF recense 742 nouvelles espèces dans le bassin du Congo

Cest un paradoxe : la majorité d’entre elles sont connues depuis des générations par les communautés locales mais leur notoriété n’a jamais dépassé les frontières. Il en va ainsi du lesula, une espèce de singe, qui vit dans le parc de Lomami en République démocratique du Congo (RDC). Ses riverains le fréquentent et le chassent pour sa viande mais la communauté scientifique le découvre et commence à peine à décrire ses yeux semblables aux nôtres et ses fesses bleues. « Bien sûr, les gens sur place connaissent les animaux et leurs habitats. Mais c’est beaucoup moins vrai par le monde international », explique Jaap van der Waarde, responsable de la conservation du bassin du Congo au WWF International.

« Il y a des scientifiques qui viennent dans la région et publient leurs recherches dans les journaux scientifiques. Mais ce n’est pas toujours très accessible. Nous avons donc pris l’initiative de recenser ces découvertes et les présenter au plus grand nombre. » Le Fonds mondial pour la nature (World Wild Fund – WWF) a donc contacté des centaines de scientifiques d’instituts et universités du monde entier pour réaliser cet inventaire : « Nouvelle vie dans le bassin du Congo : une décennie de découverte d’espèces (2013-2023) ».

« Des ‘hotspots’ incroyable de diversité »

À la lecture des 80 pages de ce rapport, on fera ainsi la connaissance de 430 nouvelles espèces de plantes, 140 invertébrés, 96 poissons, 22 amphibiens, 2 oiseaux et 10 mammifères, vivant dans les 6 pays qui forment le bassin du Congo : le Cameroun, la République centrafricaine (RCA), la RDC, la Guinée équatoriale, le Gabon, et la République du Congo. On croisera le singe Lesula, donc, première nouvelle espèce de singe décrite depuis 1984, mais également Afrodiaphanes Pulcher, une luciole centrafricaine, L’Empereur Porte-Epée, une libellule congolaise.

Les poissons ne sont pas en reste : au Gabon, Aphyosemion aurantiacum brille de mille feux avec ses écailles d’un bleu iridescent et sa queue et ses nageoires d’un orange intense. Aussi, 22 nouvelles grenouilles peuvent désormais être ajoutées aux manuels de biologie du monde entier, ainsi qu’une nouvelle espèce de crocodile, Mesistops leptorhynchus ou crocodile à museau fin d’Afrique centrale. « Les forêts tropicales du bassin du Congo sont des ‘hotspots’ incroyable de diversité, mais elles sont également sous une grande menace de destruction de l’habitat », explique le chercheur Julian Kerbis Peterhans, cité dans le rapport. « Nous soupçonnons que des dizaines de nouvelles espèces attendent d’être découvertes. Ces dernières sont essentielles pour une conservation éclairée des forêts tropicales du Congo »« On ne peut protéger que les choses que l’on connaît », abonde Jaap van der Waarde. « C’est important de les connaître, de les compter, de connaître leur rôle dans l’écosystème, de savoir si elles sont ou non en danger. »

De fait, le biologiste suppose, comme de nombreux autres, que de nombreuses espèces se sont éteintes avant même de les avoir rencontrées. « C’est la réalité du monde actuel. Avec le WWF, nous publions tous les deux ans le rapport « Planète vivante ». Le dernier a révélé que les populations animales ont diminué de 70 %. Dedans, il y a forcément des espèces qui ne sont plus sur cette planète ». C’est le cas d’une espèce de café dénichée par Piet Stoffelen, du jardin botanique de Meise en Belgique. Elle avait été prélevée dans les années 1980 dans les forêts du bassin du Congo et est restée inconnue durant des décennies, jusqu’au lancement des travaux de ce rapport et s’est entre temps éteinte. « C’est à cause de la déforestation », explique Piet Stoffelen. « Le café est une plante typique des sous-bois, et cette espèce venait du sud-est du Cameroun, où la déforestation est très importante. ».

Pressions environnementales majeures

C’est pour cette raison que toute la dernière partie du rapport est consacrée aux menaces qui pèse sur le deuxième poumon de la planète et sur les moyens à mettre en œuvre pour le protéger. Le bassin du Congo est en effet confronté à des pressions environnementales majeures : la déforestation donc, mais également l’exploitation minière, le braconnage et les conséquences du changement climatique.

S’il n’y a pas besoin de raison pour s’abstenir de préserver un écosystème et les espèces qu’il abrite, la biodiversité congolaise peut également rendre des services aux communautés : 75 millions de personnes en dépendent pour se nourrir ou se loger. C’est également une part majeure de leur patrimoine culturel. Piet Stoffelen reprend l’exemple du café : « à cause du changement climatique, sa culture est menacée. Mais on peut s’adapter, notamment avec les espèces qu’on trouve dans les forêts sauvages. Ceux qu’on trouve dans le bassin du Congo, leurs ressources génétiques, sont très bien adaptées aux sols pauvres. Plus que celles qui viennent d’Afrique de l’Ouest. On peut améliorer les cultures existantes, l’adapter à des conditions moins favorables et aider les cultivateurs. »

Pour cela, encore faut-il que les espèces endémiques du bassin du Congo soient conservées. Les solutions sont connues : agroforesterie, implication des communautés locales, lutte contre le braconnage… Jaap van der Waarde met également en avant la certification FSC du bois de coupe : « Seuls 10 % du bois qui vient du bassin est certifié. On sait pourtant que cela fonctionne. Un article paru dans la revue Nature montrait que les forêts certifiées et exploitées de façon durables accueille beaucoup plus de grands mammifères que les autres, et un écosystème favorable aux grands animaux l’est pour tous les autres. »

Découverte récente d’une possible nouvelle espèce d’oiseau du genre Phacellodomus dans le centre du Pérou

Découverte récente d’une possible nouvelle espèce d’oiseau du genre Phacellodomus dans le centre du Pérou

La possible nouvelle espèce du genre Phacellodomus découverte dans le centre du Pérou. Photographie : Miguel Lezama Ninancuro

Le 10 juillet 2026, Miguel Lezama Ninancuro, un ornithologue réputé bien connu des observateurs d’oiseaux andins, qui participe régulièrement à des inventaires et des expéditions ornithologiques, a annoncé sur sa page Facebook la découverte d’un nouveau taxon (espèce ou sous-espèce) du genre Phacellodomus, une nouvelle accompagnée de plusieurs photos.

Il précise que ce taxon présente plusieurs différences remarquables par rapport aux espèces apparentées connues, comme le Synallaxe à front rayé (P. striaticeps), par un bec plus long et plus fortement recourbé, un front gris sans aucune coloration rousse, une tache auriculaire rousse distincte et une queue nettement plus foncée. En outre, son habitat, son comportement, sa distribution et ses vocalisations sont distincts. Pour l’instant, l’emplacement exact de la découverte n’a pas été précisé, mais Miguel indique que dès que le taxon sera « en sécurité » et que toutes les mesures nécessaires auront été prises, ces informations seront partagées.
(Pour plus d’infos : Ornithomedia )