Sirènes, Serpents-de-mer & Monstres Aquatiques (1998)

Programme

 

9h00- 9h45 : « La véritable histoire de la Cryptozoologie : multivision »  par Pr. Franco TASSI (docteur en zoologie, directeur du Parc National des Abruzzes – Italie)

9h45-10h30 : « Des découvertes stupéfiantes dans les océans ( 1ère partie) : le XIXe siècle » par M. Michel RAYNAL (physicien-chimiste, cryptozoologue)

10h30-10h45 : pause

10h45-11h30 : « Des découvertes stupéfiantes dans les océans ( 2e partie) : le XXe siècle »  par M. Michel RAYNAL (physicien-chimiste, cryptozoologue)

11h30-12h15 : « Cadborosaurus, Serpent-de-Mer des côtes canadiennes » par Dr. Paul H. LEBLOND (docteur en physique, retraité du dpt. océanographie – Université de Vancouver – Canada)

12h30-14h30 : Repas de midi

14h30-15h15 : « L’épave du «Zuiyo Maru» : un Plésiosaure ? » par M. Michel RAYNAL (physicien-chimiste, cryptozoologue)

15h15-15h30 : Pause

15h30-16h15 : « Les dernières recherches sur le BIGFOOT (sujet hors thème) » par Jean-Paul DEBENAT (docteur ès lettres en littérature comparée, maître de conférences. Institut Universitaire de Technologie, Université de Nantes – France)

16h15-16h30 : Conclusion

 

Compte-rendu du 2e Colloque Européen de Cryptozoologie

(Merci à Michel Raynal pour le sérieux coup de main donné à la rédaction de cet article)

Le deuxième colloque européen de cryptozoologie s’est tenu à Bruxelles, le samedi 14 février 1998, dans une ambiance très détendue, entrecoupée, à la mi-journée, d’un repas pris sur place par ceux qui le souhaitaient.

A près une brève introduction par Eric JOYE, le professeur Franco TASSI (Directeur du Parc national des Abruzzes, en Italie) prit la parole pour rappeler les recherches du Gruppo criptozoologia Italia qu’il préside. Le professeur Tassi raconta notamment l’enquête effectuée par le groupe à la suite d’un échouage d’un poulpe géant (ou prétendu tel) sur une plage du golfe de Policastro en 1986 : Franco TASSI remit d’ailleurs à Michel RAYNAL , physicien et bio-chimiste, un fragment de ce « Blob » énigmatique aux fins d’identification.

Le chercheur italien présenta également le dernier fascicule de Criptozoologia (à ne pas confondre avec Cryptozoologia, notre publication !), consacré à un très long article inédit (en français) du Dr. Bernard Heuvelmans sur l’histoire de la cryptozoologie.

Enfin, Franco TASSI projeta pour la première fois un diaporama automatiqsue sonorisé sur la cryptozoologie, sur le modèle des animations déjà existantes sur la faune et la flore du parc national des Abruzzes qu’il dirige.

Le choix des photographies de ce diaporama, dont certaines d’une extraordinaire beauté, est des plus pertinents. Le montage, très dynamique, est extrêmement judicieux (la présentation passe en revue les grands milieux naturels : océans, jungles tropicales, forêts tempérées, etc…). Enfin, le fond sonore (où l’on reconnaît le groupe allemand Tangerine Dream) est en parfaite adéquation avec les images, évoquant, suivant le cas, le milieu aquatique, les cris de la jungle, et bien sûr l’aura de mystère qui peut entourer les animaux encore inconnus de la science.

Diffusé à deux reprises (à l’ouverture du colloque et en début d’après-midi après le repas) tellement il fut unanimement apprécié du public, ce diaporama, d’une dizaine de minutes, fut salué par un tonnerre d’applaudissements.

La conférence de Michel RAYNAL portait sur quelques découvertes zoologiques parmi les plus spéctaculaires des 150 dernières années dans les océans. Il démontra que des animaux de grandes, voire de très grande taille, ont été décrits dans les océans, et continuent de l’être encore aujourd’hui, et que très souvent ces créatures étaient déjà connues bien avant leur description scientifique :

– le requin baleine (Rhyneodon typus) fut décrit en 1828 par Andrew Smith d’après un spécimen de 4,60 m harponné à Table Bay, en Afrique du Sud. Ce requin mangeur de plancton, qui peut en fait dépasser les 10 mètres, et peut-être les 20 mètres, értait déjà connu de certains pêcheurs des régions tropicales, notamment par ceux des Seychelles sous le nom de chagrin.

– la raie manta (Manta birostris), la plus grande des raies connues, qui peut atteindre une envergure de plus de 5 m, fut décrite en 1829 par Edward BANCROFT. Elle était connue des pêcheurs d’Amérique centrale, justement sous le nom de manta ou « Grand Diable-de- mer ». Mais cet énorme poisson avait dejà été signalé par Antonio de Ulloa en 1758.

– Le calmar super-géant (Architeuthis) décrit par Johann Japetus STEENSTRUP en 1857, est le plus grand mollusque connu. Pourtant, les calmars super-géants, mentionnés depuis l’Antiquité, notamment par Pline, étaient parfaitement figuré dans les manuels de zoologie du dix-huitième siècle, puisqu’il en existait des restes (bras et bec) conservés dans des « cabinets de curiosités » des dix-septième et dix-huitième siècles. Pierre Denys de Montfort avait établi leur existence en 1801, sous le nom de Poulpe Kraken : il avait compilé toutes les données disponibles à son époque, mais aussi recueilli des témoignages de baleiniers américains établis à Dunkerque.

– L’otarie à fourrure des galapagos (Arctocephalus galapagoensis) décrite en 1904 par HELLER, était déjà chassée depuis au moins un siècle par les baleiniers.

– le phoque moine d’Hawaii (Monachus schauinslandi) décrit en 1905 par Matschie, était connu des insulaires hawaiens sous le nom de ilio-holo-i-ka-uaua. Il avait déjà été mentionné en 1825 par des baleiniers russes, et même dès 1804, par Youri Lislanski lors du périple de la Neva de l’expédition Ivan Kruzenstern.

– le coelacanthe (Latimeria chalumnae), un poisson de 1,50 m de long, appartenant à un groupe présumé éteint depuis des dizaines de millions d’années, fut décrit en 1939 par J.L.B. Smith, d’après un spécimen pêché au large de l’Afrique du Sud; bien que l’aire de répartition de l’espèce se situe aux Comores, où fut capturé u nouveau spécimen en 1952. Mais on connaît des représentations de coelacanthes sous forme d’ex-votos en argent de Tolède, découverts en Espagne et datant du dix-neuvième, voire du dix-huitième siècle.

– pas moins de 11 « bonnes espèces » de cétacés marins ont été décrites au cours du vingtième siècle, les deux dernières en date étant la baleine à bec naine du Pérou (Mesoplodon peruvianus) en 1991 et la baleine à bec naine de San Fernandez (Mesoplodon bahamondi) en 1995. Là encore, plusieurs de ces espèces nouvelles auraient pu être découvertes bien plus tôt : ainsi, le dauphin de Bornéo (Lagenodelphis hosei) fut décrit par Fraser en 1956 d’après un crâne obtenu en 1895; et le marsouin du golfe de Californie (Phocoena sinus), décrit en 1958 par NORRIS et Mac FARLAND, était déjà connu sous le nom de cochito ou vaquita (« petite vache ») par les pêcheurs mexicains.

Michel RAYNAL évoqua aussi le cas de créatures de taille plus modeste, mais dont la découverte a entraîné un bouleversement de la classification zoologique, par la création d’un nouvel ordre, d’une nouvelle classe (les monoplacophores, une nouvelle classe de mollusques, en 1957), et même d’un nouveau phylum (les pogonophores, un nouveau phylum distingué en 1944 seulement).

Le Dr. Paul LEBLOND, océanographe à l’université de Vancouver, présenta quelques-uns des témoignages sur le « cadborosaure », ou « Caddie », comme est surnommé familièrement le serpent-de-mer signalé dans cette région.

Paul LEBLOND montra, au travers de quelques dessins faits par les témoins, quelques-uns des traits les plus marquants observés sur ces créatures, particulièrement la tête ressemblant à celle d’un cheval, la présence d’une crinière sur le cou, etc…

Il commenta longuement le cas d’un animal non-identifié trouvé dans l’estomac d’un cachalot pêché en 1937 au large de la Colombie britannique, que sont collègue Bousfield et lui-même ont décrit dans un numéro spécial de la revue Amphipacifica.

Selon eux, il s’agit d’un individu juvénile de ce type de serpent-de-mer à tête de cheval. Paul LEBLOND souligna les caractéristiques mammaliennes, plutôt que reptiliennes, de cette créature. Il fit toutefois preuve d’une extrême prudence, tant sur lestémoignages, que sur lesq photographies du spécimen trouvé dans le cachalot.

Jean-Paul DEBENAT, de l’université de Nantes, termina la journée avec une communication à propos du sasquatch, le géant velu de l’Amérique du Nord, plus particulièrement consacrée à ceux qui l’étudient. Il dressa ainsi des portraits hauts en couleurs de Peter BYRNE, René DAHINDEN, Grover KRANTZ, John GREEN, et d’autres, qu’il a pu rencontrer aux USA et au CANADA.

L’année prochaine, pour le 3e Colloque européen, nous nous sommes donnés rendez-vous à Rome dans les locaux du Centre des Parcs nationaux d’Italie.

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