Hominidés inconnus à travers le monde, par Mireille Thibault

Hominidés inconnus à travers le monde, par Mireille Thibault

Hominidés inconnus à travers le monde

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Je viens de terminer la lecture de Hominidés inconnus à travers le monde.

J’avoue que je n’ai pas aimé et que je m’y suis plutôt ennuyé à sa lecture, un comble pour un passionné du sujet comme moi.

L’ouvrage est un catalogue de rencontres avec des hominidés qui ne sont ni des grands singes ni des hommes modernes, sans critiques ni commentaires de la part de l’auteur.

On regrettera aussi d’amblée qu’il n’y ait pas de références in texto qui auraient permis au lecteur de connaître et, le cas échéant, de retrouver la source de l’information

Le livre est ensuite bourré de fautes d’orthographe et de grammaire, sans parler du style à revoir, mais tout le monde n’a pas le talent de Bernard Heuvelmans, le père de la Cryptozoologie, ou de Yvan T. Sanderson, auteur de Hommes-des-neiges et Hommes-des-Bois (Plon 1963), traduction française de son ouvrage Abominable Snowmen, legend come to life (Chilton Co, 1961), le premier ouvrage d’un scientifique sur la question.

Mais, plus grave, l’auteur commet des erreurs de dates et scientifiques. Ainsi à la page 135, au sujet de l’australopithèque Lucy, elle écrit  » elle a été découverte en 1976″, alors que c’est en 1974 qu’elle fut exhumée.

De même le récit (The Long Walk) de l’évasion épique du Polonais Slavomir Rawicz d’un camp de travail en 1941, de son parcours à travers la Sibérie en compagnie de 6 autres prisonniers et sa rencontre avec des yétis qu’elle cite n’est que pure fiction. Ce livre a été publié en 1956 (et non 1955 !). Une petite recherche sur Wikipédia le lui aurait appris.

Elle n’a pas non plus consulté l’ouvrage de Bernard Heuvelmans « Les bêtes humaines d’Afrique » (Plon, 1980) qui lui aurait appris (p.197) concernant l’expédition africaine du Carthaginois Hannon et la capture et la mise à mort de femelles « gorillaï » que « La seule certitude que nous puissions avoir est que, si ces peaux avaient été prélevées sur la côte occidentale de l’Afrique, elles ne pouvaient être celles de créatures vivant au-delà de l’infranchissable cap Juby. En tout cas ce n’étaient certainement pas celles de gorilles, impossibles à capturer adultes et dont l’aire de distribution s’amorçait 2800 km plus loin, ni celles de chimpanzés, tout aussi indomptables et dont le territoire commençait tout de même 1800 km plus au sud. » 

Donc Hannon n’ayant pu aller plus loin que l’extrémité du Maroc actuel n’a pu rencontrer dans ce coin de sable et de rocaille ni gorilles ni chimpanzés.

Enfin on regrettera encore que Mme Thibault ne connaisse pas l’ouvrage de Jacqueline Roumeguère-Eberhardt Les Hominidés non-identifiés des forêts d’Afrique (Robert Laffont, 1984).

De même dans sa conclusion, Mme Thibault semble ne pas savoir que les Grands Singes (Gorille, Chimpanzé et Bonobo) et l’Homme sont classés aujourd’hui dans le groupe des Hominidés et que seul l’Orang outan est un Pongidé.

Il y manque aussi à la fin de l’ouvrage un glossaire et un index.

Au lieu de réécrire, en moins bon, ce qui a déjà été fait, comme québécoise elle aurait plus inspirée d’enquêter sur la présence du Sasquatch au Québec et faire œuvre originale….mais elle nous promet bientôt un livre sur le sujet.

Conclusion

Il reste l’impression que ce livre a été écrit à la va-vite, l’auteur ne s’impliquant pas réellement dans un sujet qu’elle n’a pas creusé.

En conclusion, l’initié n’apprendra pas grand-chose qu’il ne sait déjà et le novice francophone aura plutôt intérêt à se procurer Sauvages et velus, de Jean Roche, s’il n’a pas la chance de croiser Hommes-des-neiges et Hommes-des-bois de Yvan T. Sanderson, cité plus haut. Sinon, s’il pratique un peu l’anglais, il y a de nombreux et bons ouvrages y compris une réédition récente de Abominable Snowmen, legend come to life  .

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