Une nouvelle espèce de poisson-lune découverte, la première depuis 130 ans

Une nouvelle espèce de poisson-lune découverte, la première depuis 130 ans

 

Nouveau poisson-luneUne équipe de biologistes marins de l’Université Murdoch, en Australie, annonce avoir identifié une nouvelle espèce de poisson-lune dans le Zoological Journal of the Linnean Society. Cela faisait 130 ans que ce n’était pas arrivé.

Les poissons-lune sont les poissons osseux les plus lourds du monde, certains spécimens pouvant peser jusqu’à deux tonnes et atteindre les trois mètres de long.

La Môle, comme on l’appelle, possède aujourd’hui son propre genre (Mola) qui se composait jusqu’alors de deux espèces : Mola mola et Mola ramsayi.

Une troisième vient d’être découverte et a été baptisée Mola tecta, un nom dérivé du latin tectus qui signifie « déguisé » ou « caché ».

L’espèce échappait en effet aux scientifiques depuis années et a finalement été retrouvée dans les eaux froides de la Nouvelle-Zélande, au sud du Chili, au large de l’Afrique du Sud et de la côte sud-est de l’Australie.

Malgré leur apparence massive les Poissons-lune sont notoirement difficiles à repérer de par leur nature solitaire, mais pas que.

« Cette nouvelle espèce a réussi à échapper à la découverte pendant près de trois siècles en se camouflant dans l’histoire complètement désordonnée de la taxonomie des poissons-lune en partie parce que ces poissons sont très difficiles à préserver et à étudier », explique Marianne Nyegaard de l’Université de Murdoch, principale auteure de cette étude.

Lorsque les explorateurs atteignirent l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ils commencèrent en effet à étiqueter tous les poissons-lune rencontrés comme étant de l’espèce Mola mola, ce qui rendit par la suite les choses plus compliquées.

La biologiste et son équipe ont commencé une véritable partie de cache-cache il y a quatre ans, lorsqu’ils remarquèrent des différences génétiques dans les échantillons de peau de poissons-lune recueillis lors de parties de pêche à la palangre australienne et néo-zélandaise.

Mais encore fallait-il trouver le fameux poisson pour effectuer des comparaisons.

« Trouver ces poissons et stocker des échantillons pour des études est un cauchemar logistique en raison de leur nature insaisissable », explique la biologiste. Sur une période de quatre ans, les chercheurs ont tout de même pu recueillir des données provenant de 27 spécimens pour finalement identifier la nouvelle espèce, la première découverte depuis Mola ramsayi il y a 130 ans.

À l’instar de ses deux espèces sœurs, Mola mola et Mola ramsayi, la nouvelle espèce a l’aspect tronqué caractéristique d’un poisson-lune. Mola tecta reste élégante et mince.

Les analyses du tractus digestif de trois spécimens échantillonnés ont également révélé que le poisson se nourrissait de Salpidés, des créatures marines gélatineuses ressemblant à des méduses et vivant en eaux profondes.

Un poisson-lune filmé par des plongeurs :

 

(Retrouvez l’article sur SciencePost)

Cette entrée a été publiée dans Brèves, Brèves 2017, avec comme mot(s)-clef(s) , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.