La découverte d’une nouvelle espèce de bison confirmée par des peintures rupestres

La découverte d’une nouvelle espèce de bison confirmée par des peintures rupestres

Par Elena Scappaticci

peintures-rupestres-bisons-lascaux (Crédits photo : www.bridgemanart.com/www.bridgemanart.com)

Bisons. Lascaux, vers – 17000

Les scientifiques soupçonnaient son existence sans jamais en avoir eu la confirmation.

L’hypothèse d’une nouvelle espèce de bison, le «bison de Higgs», apparue il y a 120.000 ans, a finalement été validée grâce à des œuvres pariétales sur lesquelles l’animal était représenté, dans le sud-ouest de la France.

Une nouvelle fois, l’art nous offre les clefs du passé. Comme le rapporte un article de la revue scientifique Nature Communications, une équipe internationale menée par des chercheurs de l’Australian Centre for Ancient DNA a découvert que des restes fossiles datés du Pléistocène supérieur (-126.000 ans à -11.700 ans) correspondaient à l’ADN d’une espèce de bison inconnue des spécialistes, qui ne correspondait ni au bison des steppes (Bison priscus), ni à l’auroch (ancêtre de nos vaches dit Bos primigenius), mais à une forme hybride de ces deux espèces, apparue il y a 120.000 ans.

Son existence a été confirmée grâce à des peintures rupestres datées de 17.000 ans av.J-C, sur lesquelles l’animal était représenté.

L’animal aurait une ascendance génétique avec 10% d’aurochs et 90% de bison des steppes.

«Après cet échange initial entre les espèces parentales, expliquent les deux chercheurs de l’Australian Centre for Ancient DNA, le bison de Higgs a continué seul le chemin, survivant aux 120.000 années à venir, à l’arrivée de l’homme moderne, aux extinctions de la mégafaune, à la Première guerre mondiale et à la révolution communiste…»

Le «bison de Higgs» sur des peintures rupestres

Mais cette hypothèse étonnante demandait confirmation. Et cette confirmation est venue… de l’art rupestre! Une équipe de chercheurs français spécialisée dans l’art pariétal aurait distingué deux formes de bisons distinctes dans des peintures rupestres situées dans le sud-ouest de la France.

Une espèce dont les grandes cornes pourraient la rattacher au bison des steppes, animal qui dominait le paysage en -18.000, et un autre animal, inconnu jusqu’alors, aux cornes nettement plus petites. La datation au radiocarbone des représentations étudiées montre qu’ils furent réalisés en -17.000, époque durant laquelle notre nouvelle espèce de bison serait précisément apparue dans les steppes européennes!

Un rapprochement qui aura permis aux scientifiques de confirmer définitivement une théorie jusque-là cantonnée au stade de l’hypothèse. Comme concluent joliement Alan Cooper et Julien Soubrier, à l’origine de la découverte: «On peut se demander combien d’autres espèces se cachent encore à pleine vue, utilement catalogués par les artistes des grottes préhistoriques…»

(Pour retrouver l’article d’origine : Le Figaro)

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