Un phasme géant qu’on pensait éteint depuis des décennies vient d’être redécouvert

Un phasme géant qu’on pensait éteint depuis des décennies vient d’être redécouvert

D’après Marion Constantini (pour Gentside MaxiSciences)

 

Résultat de recherche d'images pour "Dryococelus australis"Une impressionnante espèce de phasme nommée Dryococelus australis et considérée comme éteinte depuis les années 1920 vient de refaire son apparition sur une île australienne.

Des tests ADN viennent de confirmer le retour officiel de l’insecte.

C’est comme s’il était revenu d’entre les morts : un impressionnant insecte connu sous le nom de phasme de Lord Howe (Dryococelus australis) vient officiellement de réapparaître près de 100 ans après avoir disparu.

Originaire de l’Île Lord Howe, une île volcanique située à quelque 600 kilomètres de l’Australie, cette espèce était autrefois largement répandue, jusque dans les années 1920 où la population a commencé à diminuer jusqu’à s’éteindre.

C’est à des rongeurs que les spécialistes imputent la potentielle extinction du phasme : en 1918, un naufrage a en effet entraîné l’introduction de rats noirs sur l’île Lord Howe.

Une espèce invasive qui a eu un impact considérable sur l’écosystème local.

Les rats auraient provoqué de vrais ravages puisqu’ils ont exterminé pas moins de 5 espèces d’oiseaux, 2 types de plantes ainsi que 13 espèces d’invertébrés dont les phasmes géants.

Des décennies de recherches

Il aura fallu attendre plusieurs décennies pour entendre de nouveau parler de celui que l’on surnomme également le « homard des arbres », en raison de sa taille (jusqu’à 15 centimètres) qui le classe parmi les plus grands phasmes au monde.

En 1960, des alpinistes se sont décidés à gravir la pyramide de Ball, une toute petite île australienne, non loin de l’île Lord Howe.

C’est à cet endroit qu’ils sont tombés sur des cadavres fraîchement décédés de spécimens ressemblant étrangement aux phasmes de l’île Lord Howe.

A première vue, les deux spécimens apparaissaient toutefois différents l’un de l’autre, ce qui amoindrissait considérablement les chances de retrouver la trace des « homards des arbres« .

En raison de ces différences, la découverte a été largement ignorée et l’espèce Dryococelus australis a officiellement été décrite comme éteinte.

Quarante ans plus tard, le mystère a néanmoins été relancé lorsqu’en 2001, des spécialistes ont retrouvé un petit groupe de ces insectes vivants sur des arbres à thé de la Pyramide de Ball.

Une divergence génétique de 1% seulement

Pour lever le doute sur l’identité génétique de ces insectes, des tests ADN ont été effectués et les résultats récemment publiés dans la revue Current Biology sont édifiants : les spécimens retrouvés seraient bel et bien des phasmes de l’espèce Dryococelus australis.

« Il semble que nous soyons chanceux et que nous n’ayons pas perdu cette espèce pour toujours », s’est réjoui Alexander Mikheyev, auteur principal de l’étude  et professeur au Collège doctoral de science et technologie d’Okinawa, au Japon.

En vérité, le phasme de l’île Lord Howe et celui de la pyramide de Ball ne s’avèrent pas identiques à 100%.

Le second arbore une couleur plus foncée, des pattes plus fines et une queue plus longue.

Malgré ces différences physiques, la comparaison des génomes n’a révélé des différences génétiques qu’à hauteur de 1%.

Une divergence suffisamment mince pour déclarer que les deux phasmes font partie de la même espèce.

Une réintroduction possible

Cette découverte est une très bonne nouvelle pour les spécialistes qui soulignent que, grâce à elle, l’espèce pourrait à terme être réintroduite sur l’île Lord Howe.

D’autant que le gouvernement australien a décidé de lancer d’ici 2018 un programme d’éradication des rats noirs qui continuent de faire des ravages, ce qui laisserait en quelque sorte le champ libre aux insectes.

Si les résultats avaient conclu à une espèce différente, l’opération aurait été bien plus complexe et risquée.

Elle aurait en effet impliqué d’introduire une nouvelle espèce dans un écosystème déjà fragilisé, ce qui aurait pu nécessiter davantage de démarches d’un point de vue administratif et surtout conduire à des problèmes écologiques imprévus. Outre une potentielle réapparition, ces recherches pourraient également permettre aux chercheurs d’étudier plus en profondeur l’espèce de phasme, qui reste considérée « en danger critique d’extinction ». « Nous avons une deuxième chance, cela nous donne un sentiment d’espoir », a conclu Alexander Mikheyev.

(Pour en savoir plus et voir la vidéo du phasme : http://www.maxisciences.com/insecte/cet-impressionnant-insecte-qu-039-on-pensait-disparu-depuis-des-decennies-vient-d-039-etre-redecouvert_art39929.html)

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