Yéti, Bigfoot & C° : de la Légende à la Science (2004)

 En prélude à l’expédition « Sasquatch 2004 » notre 5e Colloque Européen de Cryptozoologie fut donc consacré à l’Hominologie, c’est dans l’unique salle de classe de l’école du hameau d’Engreux, en Ardenne belge, qu’une trentaine de personnes s’est réuni, conférenciers et public compris.

Programme

Samedi

Eric JOYE, de l’association ABEPAR, initiateur et organisateur du colloque, a débuté la séance par une brève histoire de l’hominologie : premiers yéti en 1920, premiers bigfoots en 1958, film de Patterson en 1967, Almastys de Marie-Jeanne Koffmann dans le Caucase, Barmanous de Jordi Magraner au Pakistan, etc…, qui nous a à tous rafraîchi la mémoire.

François de SARRE, zoologiste et ichtyologue, a inauguré le colloque en nous parlant des hommes sauvage marins, observés depuis l’époque de Pline l’Ancien jusqu’en 1990 à Vancouver (Colombie Britannique). II émet l’hypothèse que les bigfoots seraient doués de facultés natatoires, pourraient franchir de longues distances en mer et même accomplir des migrations le long des côtes des USA. Certains pourraient avoir des pieds et des mains palmés, adapatation non visible sur les empreintes. Certaines observations pourraient toutefois s’expliquer par la vision de dugongs, dont les mamelles sont placées au même endroits que chez nos compagnes.Après une pause repas, Anne DAMBRICOURT-MALASSE, paléoanthropologue, nous a parlé de Jordi MAGRANER, et de son aventure au Chitral, au nord du Pakistan où, jusqu’en 2002, année de son décès tragique, il a réuni de nombreux témoignages de bergers sur l’Homme Sauvage local. Il leur a montré des images d’hommes préhistoriques et de l’homme pongoïde, cher à Bernard HEUVELMANS. C’est ce dernier que les bergers ont reconnu.

Anne DAMBRICOURT-MALASSE ne croit pas à l’hypothèse néanderthalienne. En effet, les hommes modernes d’il y a 100 000 ans possédaient des bourrelets supra-orbitaux. De plus, ce lieu est un isolat où ont vécu jusqu’à l’âge de bronze des chasseurs-cueilleurs, jusqu’à une altitude de4200 m. Elle a critiqué la reconstitution de l’homme pongoïde : ni le goître, ni le front fuyant ni le menton ne sont visibles, le pied serait moins large à cause d?une ombre mal interprétée, et les doigts pas si longs.

Marie-Jeanne KOFFMANN, qui penche plus pour l’hypothèse néanderthalienne,lui rétorquera en insistant sur l’absence de l’éminence du ténar (muscle du pouce) entraînant donc un pouce peu opposable, et de l’allongement du talon, traits typiquement néanderthaliens. Elle ajoute d’ailleurs que, d’après les traces, les pieds des Hommes Sauvages et Velus d’Asie Centrale ne sont pas les mêmes que ceux du Caucase.

Marie-Jeanne KOFFMANN, présidente de la société de cryptozoologie de Russie, docteur en médecine et chirurgien, qui a passé des dizaines d’années à enquêter dans le Caucase sur l’Almasty, l’Homme Sauvage et Velu local, nous a entretenu de B.F.PORCHNEV (1905-1972), scientifique russe multi-disciplinaire, très peu connu en Occident, qui fut le premier à reconnaître dans « l’Homme-des-neiges » une espèce d’hominidé relique.

Son principal intérêt était l’émergence de la conscience chez l’Homme. Il a introduit la notion d’écologie dans l’interaction des hommes préhistoriques avec leur milieu. L’URSS fut le premier pays à s’intéresser officiellement à la Cryptozoologie. C’est PORCHNEV qui a réussi à initier et motiver les Chinois sur le sujet.

Puis Marie-Jeanne KOFFMANN nous a raconté des bribes passionnantes de sa propre histoire.

Après une pause-café bien méritée, Michel RAYNAL, physicien-chimiste et cryptozoologue (Institut virtuel de cryptozoologie) a réalisé une descente en règle de l’Améranthropoïde, prétendu anthropoïde sud-américain, sans queue et à allure d’atèle dont il existe la photo d?un individu mort, vu de face. Michel RAYNAL a démonté le canular, preuves à l’appui.

Dimanche

C’est Jean ROCHE (journaliste scientifique, auteur (« Sauvages et Velus » éd. Exergue, 2000) et hominologue) qui a repris le flambeau en nous exposant les éventuelles censures sur le sujet.

Ainsi les Indiens d’Amérique du nord pourraient éliminer certaines preuves pour conserver la primauté d’une occupation humaine sur le continent.

Aux USA, les militaires semblent enclins à cacher les rencontres avec des bigfoots: les policiers semblent s’efforcer de cacher les cadavres de bigfoots sur les routes, et d’autres cadavres récupérés par les pompiers lors d’ incendies disparaissent.
Question sur la force des lobbies créationnistes aux USA.

Yvette DELOISON, paléoanthropologue au CNRS, vient ensuite nous parler des origines de la bipédie chez l’Homme.

Elle défend l’idée que l’ancêtre commun aux hommes et aux singes, très ancien, pourrait être un animal non-spécialisé, pouvant se permettre d’être bipède sans avoir de pieds spécialisés grâce à sa petite taille.

Elle montre que les australopithèques, qui n’étaient pas nos ancêtres, étaient en réalité quadrupèdes.

Les traces bipèdes de Laetoli, datées de 3,7 M d’années, pourraient avoir été faites par des australopithèques debout parce que traversant une rivière. La forme de leurs pieds rappelle d?ailleurs celle des orangs-outans, singes quadrupèdes qui marchent sur les orteils repliés.

Lors de la table ronde de l’après-midi, Marie-Jeanne KOFFMANN conclut ce colloque en faisant un appel pour la création d?un comité d’hominologie, franco-belge, européen ou mondial, en reprenant les principes de la société cryptozoologique russe, organisme qui a une expérience de terrain et une méthode de recherche incomparables, ainsi qu’une structure cryptozoologique prête.

Il ne sert plus à rien, nous dit-elle, de raconter toujours les mêmes histoires que tout le monde connaît. Elle nous conseille d?éditer les recommandations de la société cryptozoologique russe, et nous rappelle les méthodes qui augmentent les probabilités de rencontres; à savoir avant tout que l?immense majorité des rencontres se sont faites à l’initiative de l?homme sauvage.

La méthode cynégétique : est la méthode active utilisée par les chasseurs comprenant la traque, l’affût, le relevé d’empreintes, la pose de pièges cherchant à capturer l’animal, si possible vivant.

la méthode touristique consistant à randonner, les sens en éveil, dans l’espoir d’une rencontre avec un Homme Sauvage et Velu.

Les méthodes zoologique et pastorale, en se confondant avec l’ environnement et sur de longues périodes, visent non seulement à observer, mais à entrer en contact avec le sujet, voire à l’apprivoiser. Ces méthodes se pratiquent généralement seul.

Elle lance également un appel aux jeunes pour continuer d’explorer les régions sensibles. Elle désire également que soit édité un bulletin officiel au caractère scientifique rigoureux.

A été également abordé le projet d?une expédition Bigfoot aux USA pour 2005.

En conclusion

Ce 5e colloque a rassemblé de nombreuses personnalités passionnantes, en particulier Marie-Jeanne KOFFMANN, dont, malgré le grand âge, la vitalité, la rigueur et la passion nous ont forcé l’admiration.

Il est symbolique que cette rencontre scientifique au sommet, traitant d’un sujet qui concerne toute l’Humanité se soit réalisée dans une campagne profonde, à l’abri des regards, comme si les cryptozoologues avaient appris à se cacher aussi efficacement que les Hommes Sauvages.

(Merci à Philippe COUDRAY pour son aide à la rédaction de ce compte-rendu)

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